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Ferrari et la valse des noms

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Ferrari et la valse des noms

Message par modena49 le Dim 17 Fév - 8:07


Contrairement à McLaren, Red Bull ou Williams qui utilisent une suite logique, la Scuderia Ferrari renomme chaque année ses F1 de façon différente ... Petit tour d’horizon des monoplaces de l’écurie italienne depuis 25 ans.

FW pour Williams comme les initiales du patron (Frank Williams), MP4 comme préfixe de ses monoplaces pour McLaren, en écho à Marlboro Project Four (Project Four étant le nom de l’écurie de Ron Dennis en F2), RB pour Red Bull, toutes les écuries baptisent leurs monoplaces de façon relativement logique. Toutes, sauf l’irréductible Scuderia Ferrari, qui résiste encore et toujours à l’envahisseur britannique.

- 1989: la Ferrari640, victorieusement inaugurée par Nigel Mansell à Rio deJaneiro (Jacarepagua), fut nommé ainsicar elle était le 640e projet de la Scuderia en compétition. Deux autres victoires suivirent lors d’une saison écrasée par l’implacable hégémonie des McLaren, à Budapest (Mansell) et Estoril (Berger).

- 1990: la Ferrari641, héritière de sa devancière, fut conduite à la perfection par Prost. Le gladiateur français planta des banderilles à son rival Ayrton Senna etne fut pas loin de porter l’estocade. Victorieux à Interlagos, Mexico, au Castellet, à Silverstone et Jerez, le triple champion du monde français domina copieusement son équipier britannique Nigel Mansell, lauréat de la course portugaise à Estoril.

- 1991: la Ferrari 641, censée sonner le glas des espoirs de la concurrence, sera en fait le fossoyeur des desseins de Maranello, Prost traitant son bolide écarlate de camion après une anonyme quatrième place à Suzuka, loin des dominatrices McLaren Honda et Willams Renault, intouchables durant toute la campagne 1991 avec Senna, Mansell, Patrese et Berger.

- 1992: la FerrariF92A pilotée par Jean Alesi et Ivan Capelli sera d’une rare médiocrité.Aucune victoire, et un seul podium pour le Provençal, obtenu sous la pluie de Barcelone derrière Mansell (Williams Renault)et Schumacher (Benetton Ford)

- 1993: Gerhard Berger remplace Ivan Capelli, Niki Lauda revient au bercail, rappelé par Luca Cordero di Montezemolo (président de la Scuderia depuis 1992), Jean Todt débarque de Peugeot à partir du Grand Prix de France, mais tous ces renforts seront bien insuffisant pour faire de la F93A une monoplace victorieuse. Seul le talent de Jean Alesi, qui court avecpanache, offre deux podiums à cette F1 bien imparfaite: Monaco et Monza.

- 1994: si elle n’est pas une F1 d’exception, loin de la Williams Renault FW 16 oeuvre d’Adrian Newey ou de la Benetton Ford B194 de Rory Byrne, la Ferrari412 T1 met fin à la terrible disette qui durait depuis Jerez 1990. Gerhard Berger l’emporte àHockenheim, tandis que la Scuderia profite du déclin de McLaren pour ravir à Woking la troisième place du championnat du monde, derrière les deux top teams que sont Didcot (Williams) et Enstone (Benetton).

- 1995: comme sa devancière, la 412 T2 n’a rien de l’arme absolue mais elle sera également victorieuse, au Canada, où Jean Alesi s’offre le premier et unique succès de sa carrière.

- 1996: la FerrariF310 futnommée ainsi en l’honneur dupremier moteur V10 de la Scuderia qui délaisse son traditionnel V12. Le V10 atmosphérique mis àl’honneur depuis 1989 par Renault et Honda était devenu le standard chez les moteurs de F1. Recrue phare de Ferrari, le double champion du mondeallemand Michael Schumacher imposa la F310 à Barcelone, Spa Francorchamps et Monza.

- 1997: évolution de la F310, la F310 B fut l’oeuvre de John Barnard mais elle fut revue par Rory Byrne à l’arrivée del’ingénieur sud-africain en Italie. Outsider numéro 1 du CanadienJacques Villeneuve,Michael Schumacher faillit battre les Williams-Renault. Le Québécois dutattendre Jerez et le Grand Prix d’Europe pour ceindre la couronne mondiale, le Baron Rouge ayant triomphé cinq fois à Monaco, Montréal, Magny-Cours, Spa Francorchamps et Suzuka.Prodigieux, l’Allemand a alterné les démonstrations de brio et les courses d’épicier, perdant son sang-froid à Jerez pour le money time en Andalousie ...

- 1998: première F1 100 % créée par le tandem Brawn / Byrne, la F300 fut six fois victorieuse avec Michael Schumacher: Buenos Aires, Montréal,Magny-Cours, Silverstone, Budapest et Monza. Mais le titre de champion du monde demeura utopique une fois encore pour l’Allemand, coiffésur le poteau par le Finlandais Mika Häkkinen.

- 1999: première F1 issue de la nouvelle soufflerie construite par Renzo Piano, la FerrariF399 fut sacrée championne du monde des constructeurs. Si le titre pilotes échappa une fois de plus à Maranello, Eddie Irvine termina dauphin duchampionnat où Michael Schumacher se brisa lajambe à Silverstone. La F399 fut six fois lauréate: Melbourne, Imola, Monaco, Spielberg, Hockenheim, Sepang, offrantles quatre victoires de sacarrière à Eddie Irvine, porteur d’eau ingratcongédié par Jean Todt en fin de saison.

- 2000: dernière monoplace du siècle, la F1-2000 atteint l’Everest tant attendu depuis 1979 et Jody Scheckter.Malgré deux décennies de disette, l’attachement viscéral des tifosi à la Scuderia ne s’est jamais démenti. Schumacher et Barrichello apportent dix victoires (Melbourne, Interlagos, Imola, Nürburgring, Montréal, Hockenheim, Monza, Indianapolis, Suzuka, Sepang)à la F1-2000, dont neuf pour l’Allemand qui devient triple champion du monde, égalant son idole de jeunesse Ayrton Senna au panthéon de laF1.

- 2001: Ferrari poursuit sur sa lancée avec laF2001, enfonçant le clou après son retour au pinacle du sport automobile en 2000. La F2001 gagnera dix courses,neuf en 2001 (Melbourne, Sepang, Barcelone, Monaco, Nürburgring, Magny-Cours, Budapest, Spa Francorchamps, Suzuka)et une en 2002 (Melbourne), le temps que Maranello sorte son dernier chef d’oeuvre.

- 2002: monoplace de tous les superlatifs débutant en course au Brésil, la F2002 l’emportera à quatorzereprises en 2002 dont neuf doublés(Interlagos, Imola, Barcelone, Spielberg, Montréal, Nürburgring, Silverstone, Magny-Cours, Hockenheim, Budapest, Spa Francorchamps, Monza, Indianapolis et Suzuka)et à une repriseen 2003 (Imola). Mais la F2002 reste aussi la F1 du scandale, celle du fameux Grand Prix d’Autriche 2002 où Rubens Barrichello, agneau sacrifié au profit de Schumacher, laisse l’Allemand couper la ligne en premier sur le circuit de Spielberg, sur ordre de radio Todt, ce qui provoquera immédiatement le courroux du public.

- 2003: initialement baptisée F2003, rebaptisée F2003-GA en l’honneur de Giovanni Agnellidécédé le 27 janvier 2003, cette monoplace sera championne du monde, offrant une sixième couronne des pilotes à Michael Schumacher, et sept victoires à Ferrari (Barcelone, Spielberg, Montréal, Silverstone, Monza, Indianapolis, Suzuka). Patron de FIAT, patriarche de la dynastie Agnelli, président d’honneur de la Juventus Turin, l’Avvocato Agnelli avait acheté des parts de Ferrari en 1969, six ans après l’échec des négociations entre Enzo Ferrari et Ford. Mais contrairement au constructeur de Detroit, le patron turinois avait laissé les rênes de l’écurie au Commendatore ...

- 2004: avec laF2004, Rory Byrne, Paolo Martinelliet Ross Brawn ont atteint la quadrature du cercle. Une fois de plus sacrée championne du monde (septième couronne pour Schumacher chez les pilotes, quatorzième pour Ferrari chez les constructeurs), la F2004 offre à Ferrari une nouvelle razzia, après une insolente domination à presque toute les courses. Quinze victoires viennent garnir le palmarès de cette F1 à nulle autrepareille: Melbourne, Sepang, Sakhir, Imola, Barcelone, Nürburgring, Montréal, Indianapolis, Magny-Cours, Silverstone, Hockenheim, Budapest, Monza, Shanghaï, Suzuka.

- 2005: il faut attendre la F2005 pour constater l’usure du pouvoir enfin avoir raison de l’impressionnante Dream Team constituée par Jean Todt, arrivé en 1993 de Peugeot au moment où Ferrari était creux de la vague. Mais en 2005, Michelin alias Bibendum ne laissera que les miettes de son festin à Ferrari et Bridgestone, vainqueurs aux Etats-Unis dans une parodie de Grand Prix, amputée des écuries chaussées par le manufacturier de Clermont-Ferrand.

- 2006:avec la248 F1, baptisée ainsi en l’honneur de son moteur V8, Ferrari remplace McLaren commechallenger principal de Renault. Clé de voûte des succès de l’écurie italienne depuis 1996, Michael Schumacher effectue son ultime campagne mondiale, à 37 ans, avant une retraite bien méritée. Mais l’Allemand ne gagnera pas de huitième titre, battu par la figure de proue du Losange, le jeune Espagnol Fernando Alonso, qui devientdouble champion du monde à Interlagos. Mais bien que bredouille dans les deuxchampionnats,Ferrari a gagné plus de coursesque Renault: neuf contre huit, s’imposant sept fois avec Schumacher (Imola, Nürburgring, Indianapolis, Magny-Cours, Hockenheim, Monza, Shanghaï)et deux fois avec Massa (Istanbul, Interlagos), opportuniste remplaçant de son compatriote Barrichello.

- 2007: copiée par la McLaren MP4/22, laF2007 fut neuf fois victorieuse, forte de son adéquation excellente aux gommes Bridgestone, le manufacturier japonais collaborant avec Ferrari depuis 1999, et plaçant la Scuderia comme son écurie phare depuis 2001.Lauréate à Melbourne, Sakhir, Barcelone, Magny-Cours, Silverstone, Istanbul, Spa Francorchamps, Shanghaï et Interlagos, la F2007 fut championne du monde des pilotes avec Kimi Raikkönen, comblant de bonheur une écurie italienne orpheline du Kaiser fin 2006.

- 2008: Iceman démotivé, Massa trop irrégulier pour vraiment concurrencer Lewis Hamilton débarrassé d’Alonso chez McLaren après leur explosive cohabitation de 2007, voilà Ferrari incapable d’offrir à sa F2008 le titre des pilotes. Mais Räikkönen et Massaluiapporteront huit victoires: Sepang, Sakhir, Barcelone, Istanbul, Magny-Cours, Valence, Spa Francorchamps, Interlagos.

- 2009: nommée ainsi en l’honneur de la soixantième participation de la Scuderia Ferrari au championnat du monde de Formule 1, la F60 fut un raté exemplaire. Bolideà la performance médiocre, il entérinait le déclin de Maranello, incapable de créer une monoplace compétitive sans la Dream Team Todt / Brawn/ Byrne / Martinelli. La saison fut un cauchemar, ponctuée par le drame de Felipe Massa, accidenté à l’oeil à Budapest. Seule la victoire de Kimi Raikkonen à Spa Francorchamps permit à la F60 de sauver l’honneur dans une saison où Luca Badoer fit toucher le fond au Cavallino, par une prestation indigne de la F1 à Valence, à l’occasion du Grand Prix d’Europe, où le pilote italien, essayeur de la Scuderia depuis 1999, remplaçait Felipe Massa au pied levé après que Michael Schumacher fut contraint de déclarer forfait, victime d’une douleur au cou ...

- 2010: première F1 de l’ère Fernando Alonso, la F10 sera imposée cinq fois en course par le champion espagnol: Sakhir, Hockenheim, Monza, Singapour, Yeongam. Mais si le pilote d’Oviedo réussit l’exploit d’étrenner victorieusement sa Ferrari, comme jadis Nigel Mansell (Jacarepagua 1989) ou Kimi Raikkonen (Albert Park 2007), il ne pousse pas l’imitation jusqu’à gagnerla couronne dès sa première saison avec Ferrari, tel Juan Manuel Fangio (1956), Jody Scheckter (1979)ou Kimi Raikkonen (2007). Pourtant, l’Asturien passe fort près du sceptre, battu de quatre point par Sebastian Vettel après l’épilogue d’Abu Dhabi.

- 2011: la monoplace 2011 de Ferrari est baptiséeF150th Italia en l’honneur du cent cinquantième anniversaire du Risorgimento, l’unité italienne, oeuvre de Garibaldi et deses chemises rougesen 1861. C’est d’ailleurs le rouge des troupes de Garibaldi, hérité de la légion italienne de Montevideo, qui a combattu pendant la guerre civile en Uruguay en 1843, qui fut à l’origine du rouge utilisé par l’Italie dans les compétitions officielles à partir de 1907, couleur récupérée par la suite par Alfa Romeo et Ferrari. Cette monoplace ne gagna qu’une seule course, à Silverstone, fêtant ainsi le soixantième anniversaire de la première victoire de Ferrari en F1, signée également sur l’ancien aérodrome de la Royal Air Force en 1951 de José Froilan Gonzales, émérite compatriote de Fangio, surnommé le Taureau de la Pampa.

- 2012: victorieuse à Sepang, Valence (Grand Prix d’Europe) et Hockenheim aux mains d’Alonso, la Ferrari F2012 ne gagnera pas la couronne, victime du retour en fanfare de Red Bull et Sebastian Vettel, auteurs d’une fin de championnat en boulet de canon.

Pour2013, lesespoirs de Ferrari reposent désormaissur la nouvelleF138.
par AxelBorg
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