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Ferrari vs McLaren : 1998, flèches d’argent et baron rouge

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Ferrari vs McLaren : 1998, flèches d’argent et baron rouge

Message par modena49 le Lun 18 Fév - 20:16


Orpheline de Renault, Williams laisse Ferrari grande favorite du championnat du monde 1998. Didcot hors-jeu, Maranello croit avoir les coudées franches mais c’est sans compter sur le retour en force de Woking ... McLaren, métamorphosée par l’arrivée d’Adrian Newey, la qualité des pneus Bridgestone et la puissance de feu de Mercedes, impose sa loi dès Melbourne avec une MP4/13 qui s’attire tous les superlatifs ... Ferrari croit revivre le cauchemar des années 30 et 50 face à Mercedes, mais le David italien résistera mieux que prévu au Goliath anglo-allemand, grâce au talent de son pilote, le virtuose Michael Schumacher, alias le Baron Rouge et nouvelle idole des tifosi ...

Dix ans après l’hégémonie de 1988, McLaren fait à nouveau peur ... Ron Dennis a recruté en 1997 le génial ingénieur anglais Adrian Newey, qui a quitté Williams-Renault fin 1996.

Orpheline de Renault et de Newey, Williams sait qu’il sera complexe de prolonger l’euphorie du titre de 1997 acquis à Jerez face à la Ferrari de Michael Schumacher.

Le championnat du monde 1998 s’ouvre dans un nouveau cadre technique. C’est une petite révolution que propose la FIA: voies étroites (largeur maximale de 200 à 180 cm pour les châssis), pneus rainurés ...

Les F1 de 1998 vont donc être bien différentes de celles de 1997. Lors des essais hivernaux, sous le soleil de Barcelone, les McLaren-Mercedes attirent déjà tous les superlatifs, sous une provisoire livrée orange.

Häkkinen et Coulthard ne cessent d’impressionner. Woking a fait le choix de ne pas rester dans le contingent des écuries de Good Year. Délaissant le manufacturier américain qui équipe les top teams que sont Williams et Ferrari, l’écurie McLaren a donc choisi de devenir l’écurie de pointe de Bridgestone. Le manufacturier japonais, arrivé en 1997 en F1, rêve d’ouvrir son compteur de victoires.

Mais Newey et Bridgestone ne sont pas les seuls atouts de McLaren. La MP4/13 est un véritable joyau sur le plan aérodynamique grâce à Newey, mais dispose aussi d’un moteur d’exception grâce à Mercedes. Motoriste de Woking depuis 1995, la firme allemande n’a cessé de progresser depuis son retour en 1993. Ayant phagocyté Ilmor, la marque à l’étoile veut détrôner ses rivaux. Avec la MP4/13, McLaren a atteint la quadrature du cercle, dix ans après l’incroyable MP4/4 qui avait bouclé en apothéose l’époque des turbos avec Honda.

Le dernier atout de McLaren est un certain Mika Häkkinen. Pilote véloce, le Finlandais a prouvé son talent au Portugal en 1993. Remplaçant au pied levé Michael Andretti, congédié par Ron Dennis après Monza, le jeune pilote essayeur se paya le luxe de dominer un certain Ayrton Senna sur le probant circuit d’Estoril. Si le virtuose brésilien rectifia le tir par deux victoires à Suzuka et Adelaïde, Häkkinen avait confirmé à Ron Dennis qu’il avait eu raison de l’engager après deux ans d’apprentissage chez Lotus, fort d’un podium au Japon fin 1993 (3e derrière le tandem roi de la F1, Senna et Prost). Présenté comme la nouvelle merveille du sport automobile à son arrivée en F1 en 1991, Häkkinen a pourtant subi la loi de son coéquipier écossais David Coulthard en 1997. Suite au déclassement de Schumacher par la FIA, l’Ecossais a terminé 3e du classement mondial en 1997 derrière les Williams-Renault de Villeneuve et Frentzen.

Mais Coulthard ne sait pas encore qu’Häkkinen a eu le déclic psychologique suite à sa victoire acquise au Grand Prix d’Europe 1997 à Jerez. Le triomphe andalou du Finlandais a changé sa carrière, lui qui a battu le record de patience de Thierry Boutsen (96 GP contre 95 au pilote belge pour signer sa première victoire en F1). Délivré de la pression, Häkkinen va enclencher la machine à victoires et imposer sa férule à Coulthard. Blessé en Australie en 1995, subitement sorti de son adolescence prolongée, Häkkinen est parvenu à maturité. L’homme comme le pilote sont prêts pour faire de 1998 une année unique. Mika va se marier avec Erja et fonde de grands espoirs sur la nouvelle MP4/13.

Epouvantail annoncé, McLaren fait donc peur à tout le monde ... Mais deux autres favoris comptent bien tenir la dragée haute aux flèches d’argent ... Rivaux en 1997, Jacques Villeneuve et Michael Schumacher ont chacun une revanche à prendre. Le Canadien, champion en titre avec Williams, a deux objectifs: sortir de l’ombre écrasante de son père Gilles, légende de la course avec Ferrari entre 1978 et 1981, et convaincre les sceptiques qu’il est meilleur pilote que le Kaiser, même si ce type de jugement est subjectif.

Quant à l’ogre de Kerpen, sur qui la presse avait jeté l’opprobre après son geste de Jerez fin 1997, il doit se racheter une image aux yeux de tous, avant de songer à ramener le Cavallino sur le toit de la F1. Roi désigné des pilotes depuis le décès d’Ayrton Senna en 1994 à Imola, Schumi a presqueporté Ferrari au pinacle en 1997 ... Artisan majeur du redressementdela Scuderia, l’Allemand forme uncarré magique avec Jean Todt et RossBrawn.Obsédé par la victoire, Jean Todt est arrivé à Maranello en 1993. Il a compris que Schumacher serait comme un poisson dans l’eau avec Brawn et Byrne à ses côtés en Italie. L’ancien copilote de Guy Fréquelin a doncdécidé de reconstituer le trio infernal qui avait fait les succès de Benetton en 1994 et 1995, sous l’égide de FlavioBriatore. Persuasif, Todt a même sorti Byrne de sa retraite. L’ingénieur sud-africain rêvait, fin 1996 d’ouvrir un centre de plongées en Thaïlande. Retiré du monde sur l’île de Phuket, Byrne a pourtant retrouvé la F1 sur l’insistance de Jean Todt. Revenu en 1997, RoryByrne a donc dessiné la F300 pour son pilote fétiche, l’exceptionnel Michael Schumacher.Gladiateur de la vitesse, combattant de légende, le pilote allemand a mangé son pain noir mais veut acquérir une troisième couronne mondiale pour prouver à tous qu’il reste le meilleur parmi l’élite des pilotes ...

C’est avec cet objectif qui n’a rien de secret que Schumacher ambitionne d’étrenner sa nouvelle F300 par une victoire sur l’Albert Park de Melbourne.
Ce ne sera pas le cas, car le moteur de la Rossa casse après cinq tours de course. Mais l’abandon du Kaiser est le cadet de ses soucis tant McLaren a surclassé cette première manche.
Avec un tour d’avance sur tout le monde, Woking a laminé la concurrence. Häkkinen et Coulthard ont prolongé en course l’hégémonie entrevue le samedi en qualifications sur le circuit australien. L’aigle bicéphale de 1997, Michael Schumacher - Jacques Villeneuve, a été décapité par les flèches d’argent.
Mercedes ressuscite sa propre légende. Le phénix de Stuttgart renaît de ses cendres, comme le 4 juillet 1954 à Reims, où Juan Manuel Fangio et Karl Klingavaient imposé leur férule à un peloton médusé.

Ayant signé un pacte de non-agression à la façon de Prost et Senna à Imola en 1989, Häkkinen et Coulthard ont voulu privilégier les intérêts de l’écurie McLaren. Très fair-play, l’Ecossais a même rendu les commandes du Grand Prix d’Australie à son coéquipier Häkkinen à deux tours du but, le Finlandais ayant été rappelé par erreur à son stand. Ce scénario incroyable est aux antipodes de celui d’Imola 1989 où Senna avait trahi Prost, provoquant le courroux du Français. L’explosive cohabitation des deux titans avait alors connu la première fissure, avant la rupture définitive suite à l’épisode survenu le circuit gallois de Pembrey, Prost ayant ensuite révélé au journaliste Johnny Rives des faits confidentiels, au grand dam de Senna et Ron Dennis ...
Cinquième à Melbourne, Jacques Villeneuve a mordu la poussière, derrière son coéquipier Frentzen et Eddie Irvine, à plus d’un tour.

Chez Ferrari comme chez Williams, l’état d’urgence est décrété ... La victoire finale en 1998 semble déjà utopique. Au premier rang des accusés du procès, Good Year, le manufacturier américain étant loin du niveau atteint par son concurrent Bridgestone.

L’outsider japonais a donc sorti la guillotine pour damer le pion à Good Year. Au Brésil, Ferrari et Williams ont déjà une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il faut réagir, et vite ...

A Interlagos, Ferrari a fait interdire, via un document de plusieurs centaines de pages transmis à la FIA, les freins directionnels qui ont tant fait débat en Australie sur les MP4/13.

Mais même orphelines de leur steering brakes, les McLaren continuent de dominer outrageusement les débats. A Interlagos, Häkkinen et Coulthard surclassent le reste de la meute. La victoire revient à Häkkinen devant son coéquipier écossais qui semble déjà rélégué au rôle de dauphin. Troisième à Sao Paulo, Michael Schumacher concède une minute pleine mais sonne le réveil de Ferrari. Loin d’abdiquer, le Kaiser marque ses premiers points en 1998 et veut contrecarrer au plus vite les ambitions de McLaren, qui a cependant réalisé un nouveau festival.

Avec 32 points pour Woking contre 7 à Maranello, le combat semble inégal. David Ferrari semble bien impuissant contre Goliath Mercedes. Afin de gommer les plus terribles défauts de la F300, Schumacher rentre en Europe entre les Grands Prix du Brésil et d’Argentine. Stakhanoviste des essais privés, le champion allemand multiplie les tours de piste près de l’usine Ferrari. Avec Rory Byrne et Ross Brawn, Schumi espère tenir la dragée haute aux McLaren à Buenos Aires.

Les espoirs du double champion du monde sont récompensés au pays de Fangio. David Coulthard signe la pole, mais l’opportuniste Schumacher se qualifie devant Häkkinen sur la grille de Buenos Aires, privant McLaren d’un nouveau Grand Chelem sur la première ligne.
Sur le circuit argentin, le Baron Rouge tire la quintessence de son bolide écarlate et signe une victoire d’exception, envers et contre tous. Seulement sixième sur le circuit Oscar Galvez, DavidCoulthard n’a pu s’opposer à la furia Schumacher, tandis que Mika Häkkinen a couru en épicier pour assurer la deuxième place. Le Finlandais, après seulement trois courses, semble déjà penser au championnat dans sa manière de gérer les Grands Prix. Avec ce troisième podium consécutif, Häkkinen consolide sa position de leader (26 points contre 14 à Schumacher et 13 à Coulthard).

Quand le Finlandais arrive fin avril sur l’autodrome Enzo e Dino Ferrari d’Imola, c’est donc en leader du championnat du monde qu’il s’apprête à disputer son centième Grand Prix parmi l’élite des pilotes. Les tifosi italiens, privés d’une victoire de Ferrari depuis celle de Patrick Tambay en 1983, n’ont d’yeux que pour la monoplace de leur idole, Michael Schumacher. Le pilote allemand signe un nouveau podium derrière David Coulthard, qui a profité de l’abandon de Häkkinen sur un problème de boîte de vitesses. Tandis que Williams poursuit son début de saison médiocre, Ferrari se pose en challenger de McLaren, fort de la troisième place du porteur d’eau désigné de Schumacher, l’Irlandais Eddie Irvine. Au championnat, Häkkinen (26 points)voit revenir sur ses talons Coulthard (23)et Schumacher (20).

Mais le Scandinave sort le grand jeu en Espagne. Sur la piste de Barcelone, là où il a découvert l’immense potentiel de sa MP4/13 pendant l’hiver, Häkkinen montre qu’il est le patron, avec une nouvelle pole position et une troisième victoire. Implacable, Häkkinen devance ses deux plus sérieux rivaux, Coulthard et Schumacher, tandis que le champion du monde en titre Jacques Villeneuve a compris depuis longtemps qu’il ne garderait pas sa couronne.

En Principauté de Monaco, Häkkinen enfonce le clou, profitant des malheurs de Coulthard et Schumacher. Après six manches, le Finlandais caracole en tête du classement ... Sorti vainqueur du dédale monégasque devant Giancarlo Fisichella et Eddie Irvine, Mika a fait admirer sa virtuosité entre les rails du circuit du Rocher, juge de paix incomparable. Dans le cockpit de sa flèche d’argent, le pilote finlandais a su garder la tête froide pour imposer sa McLaren. Il mène désormais le championnat avec 46 points, contre 29 à Coulthard et 24 à Schumacher.

Vainqueur du seul Grand Prix d’Argentine, le pilote allemand doit impérativement riposter s’il veut conserver des espoirs de titre. Au Canada, les McLaren doivent abandonner ... Mais le Kaiser ne connaît pas pour autant une course facile. Schumacher remporte son deuxième succès en 1998 sur le circuit Gilles-Villeneuve.
Le leader de Ferrari quitte le Québec avec douze points de retard sur Mika Häkkinen. Le chasseur allemand veut faire du gibier finlandais sa proie pour l’été qui s’annonce. Good Year a partiellement corrigé le tir mais Ferrari doit surtout au pilotage hors normes de sa clé de voûte, Schumacher, de pouvoir encore concurrencer McLaren-Mercedes au championnat.

En France, l’Allemand signe un cavalier seul, protégé par son coéquipier Eddie Irvine qui devance Mika Hakkinen au premier tour. Dans la Nièvre, le Finlandaisde McLaren ne trouve pas l’ouverture sur la Ferrari d’Irvine, qui complète le triomphe de Maranello sur Woking. A Magny-Cours, Michael Schumacher remporte la trentième victoire de sa somptueuse carrière. A mi-championnat, le prestige du champion allemand a retrouvé tout son éclat, car Schumi donne du fil à retordre à une écurie McLaren pourtant donnée favorite suprême au soir de Melbourne ...

La saison 1998, jugée un peu vite complètement dénuée d’intérêt sportif, est en train de se muer en une passionnante campagne mondiale... Dauphin d’Häkkinen, Schumacher peut même prendre les commandes du championnat à Silverstone (étant mené 50-44).

Sur l’ancien aérodrome de la RAF, alors que Mika Häkkinen signe une nouvelle fois la pole position, le pilote allemand signe un nouvel exploit. La pluie anglaise permet à l’opportuniste champion de Ferrari de s’offrir une troisième victoire consécutive, idéal pour semer le doute à Woking, tandis que Maranello se prend à nouveau à rêver des lauriers mondiaux (56-54 pour Häkkinen).

Mais une fois de plus, Häkkinen va faire l’élastique. En Autriche, celui qu’on juge fragile en cas de pression montre toute son envergure dans un duel splendide avec son rival allemand. Harcelé par Schumacher pendant 17 tours sur l’A1 Ring de Spielberg, Mika prouve sa solidité mentale. Et c’est finalement Schumi, plus expérimenté dans ce type de joutes, qui craque et part à la faute. Cédant sa deuxième place à David Coulthard revenu de nulle part, l’Allemand se contente d’une troisième place qui redonne de l’oxygène à son rival scandinave (66-58).

Dans le chaudron d’Hockenheim, les Ferrari manquent de vitesse de pointe. Le dimanche, le doublé McLaren est acquis avec une insolente supériorité, mais Schumacher ne termine que cinquième, devancé par la Williams de Jacques Villeneuve et la Jordan de Damon Hill. Mené 76 à 60, Schumacher est de nouveau condamné à l’exploit en arrivant à Budapest.

Mais le samedi, l’implacable hégémonie de McLaren enterre les derniers espoirs de Schumacher. L’Allemand n’a plus qu’une seule carte à abattre dans cette partie de poker, au départ du Grand Prix de Hongrie. Mais le Kaiser demeure troisième sur le tourniquet magyar. Impossible de dépasser dans cet enfer de virages. Schumi va donc devoir se contenter d’un nouvel accessit derrière Häkkinen promis à sa septième victoire de la saison.

C’est sans compter sur Ross Brawn qui va mettre une pratique une idée laisée à l’état de simple théorie par Flavio Briatore. Chez Benetton-Renault, en1995, le manager italien avait voulu changer de stratégie en pleine course à Magny-Cours. Schumacher avait tout de même vaincu la Williams-Renault de Damon Hill ce jour là dans la campagne nivernaise.

Alors qu’un succès de Schumi en terre hongroise est utopique, Ross Brawn reprend à son compte l’idée de Briatore. Le stratège anglais de la Scuderia décide de passer la stratégie de son orfèvre allemand de 2 à 3 arrêts, en pleine course. L’idée est de tenter un quitte ou double face à McLaren. Avec trois arrêts, la Ferrari de Schumacher aura des trains de pneus neufs et moins d’essence entre chaque ravitaillement. Ensuite, au talent du pilote de parler sur la piste. L’Allemand, à une cadence infernale, applique le plan brillant de son complice d’ingénieur en enchaînant les tours de qualification ... Et le miracle s’accomplit à Budapest. Schumi passe les deux McLaren complètement médusées par ce coup de Jarnac incroyable.

Cerise sur le gâteau, la flèche d’argent de Mika Häkkinen, victime d’un problème mécanique en fin de course, doit se contenter de la sixième place. Ross Brawn et Michael Schumacher ont rendu l’impossible possible en Hongrie. Le phénix allemand renaît une troisième fois de ses cendres en cette saison 1998, comme à Buenos Aires, comme à Montréal (77-70 pour Häkkinen)...

Le colossal appétit de victoires de Schumi, digne de Pantagruel, n’est cependant pas rassasié ... A Spa Francorchamps, après un premier départ perturbé par le plus incroyable carambolage de l’Histoire de la F1, Schumacher surprend Häkkinen contraint de renoncer. Le pilote finlandais a commis le péché d’orgueil. Au lieu de gérer la course belge comme unépicier, Mika a voulu à tout prix résiser à son rival allemand à l’épingle de la Source, oubliant qu’une course ne se gagne pas au premier tour. Parti en tête-à-queue, Häkkinen devaitquitter le cockpit de sa McLaren et espérer que Schumi ne gagne pas une cinquième fois à Francorchamps (déjà vainqueur avec Benetton en 1992 et 1995, puis avec Ferrari en 1996 et 1997), son circuit fétiche.Alors que les vannes célestes se sont ouvertes, le toboggan des Ardennes est inondé par les eaux ... Chasse gardée du Kaiser, le Grand Prix de Belgique connaît son vainqueur. L’avance de Häkkinen va fondre comme neige au soleil au championnat. L’Allemand n’a aucun mal à dépasser Damon Hill sur le juge de paix wallon mais il va percuter, sous cette pluie apocalyptique, privé de visibilité, la McLaren de David Coulthard, en perdition, à l’agonie à un tour de la tête de course... Voilà la Ferrari de Schumacher sur trois roues, contrainte d’abdiquer alors que la victoire lui était promise.
L’Allemand perd dix points et craque nerveusement en rentrant au stand. La polémique éclate quand Schumacher s’en prend physiquement à Coulthard. Excédé, sous le coup de la déception etde la colère, l’Allemand sait qu’il a peut être perdu le championnat dans ce malencontreux accident bien involontaire de la part du pilote écossais. La victoire revient à Damon Hill qui tire les marrons du feu. L’écurie Jordan signe son premier succès en F1 après une début saison où l’équipe irlandaise était proche de l’agonie. Ralf Schumacher, coéquipier de Damon Hill, offre le doublé à Jordan tandis que Jean Alesi accroche un podium dans ces conditions apocalyptiques.

A Monza, devant les tifosi, Schumacher reprend sa marche triomphale. Est-ce le chant du cygne de McLaren? Possible, car pour la première fois de la saison, une Ferrari a signé la pole position. Le champion allemand n’a pas laissé passer une telle occasion, et convertit sa pole en victoire sur l’autodrome lombard. Häkkinen, quatrième, voit Schumi revenir à égalité de points (80-80). Le Finlandais conserve la tête au nombre des deuxièmes places (deux pour Mikaà Buenos Aires et Silverstone, une pour Michael à Silverstone). Le suspense est à son apogée à deux courses du terme!

Au Nürburgring, Schumacher confirme que Ferrari est bien de retour au premier plan, avec une deuxième pole position consécutive. Eddie Irvine complète même la première ligne pour l’orchestre rouge. Mais sur le circuit de l’Eifel, Häkkinen signe une course d’anthologie. La première proie du chasseur finlandais, Eddie Irvine, ne résiste pas bien longtemps. Puis, l’implacable pilote McLaren remporte le combat des chefs face à Michael Schumacher, battu à domicile avant le final de Suzuka ... (90-86).

Chez les constructeurs, la messe est presque dite pour McLaren contre Ferrari (142-127).

C’est au Japon que l’épilogue du championnat du monde va donc se jouer. Huit ans après Macao, où Schumacher avait remporté la victoire dans des circonstances sujettes à polémiques contre un jeune espoir nommé Häkkinen, les deux hommes se retrouvent au sommet de la F1.

L’Allemand signe la pole position sur l’exigeant circuit japonais mais va tout perdre avant même que la course ne débute vraiment. Le moteur de la F300 chauffe de façon anormale en ce dimanche 1er novembre. Quelques minutes plus tôt, sur la grille de départ, Häkkinen a montré son fair-play en venant serrer la main de son rival allemand. Chef d’orchestre de Woking, plébiscité par la presse, Mika Häkkinen sait que l’objectif est le titre, et rien d’autre ... La pression est sur le Finlandais qui a tout à perdre, en arrivant en position de chassé.

Très concentré, Häkkinen comprend que Schumacher rencontre une surchauffeur de son moteur.Viscéralement attaché à la victoire, ce dernier a commis une petite erreur stratégique en bouclant au pas de course son tour de formation, tandis que le Finlandais, dans une intelligente guerre psychologique, a choisi un train de sénateur pour mener le reste du peloton.
La tortue Häkkinen joue donc un tour magistral au lièvre Schumacher, contraint d’attendre la meute et de faire chauffer encore plus son propulseur.
Le V10 italien n’y résiste pas. Ce sera son dernier effort, puisqu’il lâche Schumacher au moment du départ. Le pilote allemand cale et se voit contraint de partir en queue de peloton. Pendant ce temps, Häkkinen a repris la tête du Grand Prix du Japon, et parachève sa magistrale saison par une victoire.
La folle et implacable remontée de Schumacher, revenu jusqu’en troisième position à Suzuka derrière Häkkinen et Irvine, est torpillée par la crevaison. L’infortuné pilote allemand, un an après Jerez, manque donc la couronne pour la seconde fois consécutive au dernier Grand Prix.
Ferrari devra encore patienter pour retrouver l’Everest. Mais la Scuderiaa prouvé toute sa capacité de réaction en concurrençant férocement une écurie McLaren pourtant souveraine en Australie.

Sacré champion du monde avec 8 victoires à l’issue d’une saison parfaite, Häkkinen n’a que peu de points communs avec le jeunepilote qui avait surpris Ayrton Senna en 1993 à Estoril.
Désormais, c’est le Finlandais qui porte sur ses épaules le destin de McLaren. Adulte, mature et incroyablement fort dans sa tête, Mika Häkkinen se pose comme le rival de Schumacher, pourtant considéré comme le meilleur pilote de sa génération. Häkkinen n’a pas cédé à la pression de la lutte pour le titre alors que Schumacher revenait petit à petit au cours de la saison, fort d’une expérience redoutable après les campagnes menées contre les Williams en 1994, 1995 et 1997.

Les deux virtuoses auront à nouveau l’occasion d’en découdre sur les circuits d’Europeet du mondeen 1999, car Ferrari et McLaren, qui ont pris des bottes de sept lieues en 1998, ont des années-lumières d’avance sur Williams, Jordan et Benetton ...
par AxelBorg
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