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Ferrari vs McLaren : 2007, carré d’as, espionnage et magma volcanique

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Ferrari vs McLaren : 2007, carré d’as, espionnage et magma volcanique

Message par modena49 le Lun 18 Fév - 20:58


Orpheline du Kaiser Schumacher parti à la retraite fin 2006, Ferrari put cependant conserver son lustre grâce aux pneus Bridgestone, débarrassés de la concurrence de Michelin. Sans Bibendum, Renault sombrait et laissait McLaren seul outsider d’une Scuderia favorite pour 2007. Mais Woking proposait un bolide d’exception avec la MP4/22 ... Cependant alors que les lauriers ne semblaient pouvoir échapper aux hommes de Ron Dennis, McLaren allait se transformer en un double guêpier: une affaire d’espionnage allait priver Woking du titre constructeurs, étant prouvé que la MP4/22 était en fait une copie partielle de la Ferrari F2007 ... Quant aux titres pilotes, il revenait au nouvel homme fort de Maranello et ancien pilote de McLaren, Kimi Raikkonen, suite à la lutte fratricide entre les pilotes de Woking, Fernando Alonso et le surprenant rookie Lewis Hamilton, dans une ambiance volcanique ...

De 2001 à 2006, le duel McLaren - Ferrari n’a pas eu lieu, sauf en 2003 où un troisième larron, Williams, s’est mêlé à la lutte des titans.

Pendant six ans, Woking et Maranello n’étaient pas au diapason. Le canon fut l’hégémonie de la Scuderia, portée dès 2001 par un axe magistral Schumacher - Ferrari - Bridgestone, à mettre au crédit de Jean Todt.
Ron Dennis et McLaren étaient repoussés dès 2002, par obligation, dans le clan de Bibendum, n’étant plus la clé de voûte des succès du manufacturier japonais.
Mais le partenariat entre Woking et Clermont-Ferrand offrit, en 2005, année exception de la période de six ans, une éclatante revanche aux flèches d’argent. La MP4/20 lutta contre Renault et récolta dix victoires, dont 7 pour Kimi Raikkonen. Seul le talent exceptionnel d’Alonso priva Iceman d’une couronne mondial qu’il n’aurait guère usurpée. Brillant en début de saison, parfait épicier en fin de campagne, le natif d’Oviedo porta le Losange au pinacle de la F1, tandis que McLaren venait de perdre Adrian Newey parti relever le défi Red Bull. 2005 marquait l’effondrement du tandem Ferrari - Bridgestone.

Entre 2001 et 2004, l’écurie italienne avait pérennisé la victoire, pulvérisant les records: 9 victoires en 2001, 15 en 2002, 8 en 2003, 15 en 2004 ... 179 points en 2001, 221 en 2002, 158 en 2003, 262 en 2004 ... La Dream Team, composée du quintet Schumacher - Todt - Brawn - Byrne - Martineli, tournait à plein régime. L’Allemand commit le péché d’orgueil de ne pas se retirer fin 2004, en pleine gloire, après le septième titre qui donnait plus que jamais tout son sens et tout son éclat à son surnom de Kaiser.
Rentré dans le gotha, Schumacher avait terrassé McLaren pendant quatre ans. Depuis fin 2000, l’écurie anglaise avait accumulé bien des malheurs. Dès 2001, les moteurs V10 Mercedes étaient condamnés par un problème de fabrication au béryllium. La mort de Paul Morgan, associé de Mario Illien chez Ilmor (phagocyté par Mercedes en 1993) n’arrangeait rien ... Ron Dennis, de son côté, était obsédé par le projet de sa nouvelle usine ultra-moderne, le Paragon, construite par Sir Norman Foster. Inaugurée en 2003, cette nouvelle usine qui remplaçait celle d’Albert Drive à Woking, fut un tonneau des Danaïdes temporel et financier qui mobilisa des ressources colossales chez McLaren.
Ombre d’elle même, la prestigieuse écurie anglaise frôlait le ridicule. A Imola, en 2002, David Coulthard, vice-champion du monde en titre, concédait à un tour à Michael Schumacher. En 2003, le virtuose ingénieur Adrian Newey se révélait incapable de concevoir une MP4/18 conforme au crash-test de la FIA ... Le jeune Scandinave Kimi Raikkonen tint la dragée haute au Kaiser sur une évolution du bolide 2002, une MP4/17D ... En 2004, la MP4/19 fut une monoplace médiocre, frappé du sceau de la fragilité ... McLaren était devenu un colosse aux pieds d’argile.

La réaction de 2005 fut un feu de paille, car la campagne de 2006 inversa les rôles. Ferrari, devenue outsider de Renault, remplaçait McLaren comme dauphin du Losange, tandis que Woking sombrait corps et bien. Pour la première fois depuis 1996, McLaren bouclait une campagne mondiale en rentrant bredouille ... Ron Dennis, de plus, avait vu son pilote colombien Juan Pablo Montoya quitter le navire en cours de saison, démotivé.

Une époque de la F1 se terminait, Jacques Villeneuve étant congédié à l’été 2006 par BMW. Remplacé par le jeune espoir polonais Robert Kubica, le pilote canadien n’était cependant pas le nom le plus prestigieux à tirer sa révérence.
Car en Interlagos, fin 2006, c’était au tour du Kaiser, le septuple champion du monde Michael Schumacher, de clore l’ultime chapitre de sa somptueuse carrière, entamée fin 1991 à Spa Francorchamps. Des Ardennes belges à la banlieue de Sao Paulo, l’ogre de Kerpen avait illuminé son époque.
Après avoir vécu 2005 comme un purgatoire dans l’ombre du tandem Alonso - Räikkönen, le maître avait réagi avec panache en 2006. Officialisant sa retraite à Monza, Schumacher prouva combien l’amour de la F1 était viscéral chez lui, bouclant en apothéose sa superbe carrière par une course d’anthologie à Interlagos.

Dans l’optique de 2007, Ferrari était orpheline du Kaiser ... Mais après un fantastique jeu de chaises musicale déclenché fin 2005 par McLaren et Alonso, le paddock allait changer profondément ... Lassé du paternalisme exacerbé de Ron Dennis à Woking, Iceman partait en Italie. Roi sans couronne, l’exceptionnel pilote finlandais serait le coéquipier du Brésilien Felipe Massa. Au contact de Schumi, l’ancien espoir de Sauber avait bien progressé en 2006, signant deux victoires à Istanbul et Interlagos. Mais Massa restait un pilote encore bien perfectible.
Fin 2005, Fernando Alonso annonçait avec Ron Dennis leur future association pour 2007. Lassé du cocon Briatore, qu’il fréquentait depuis 2000 (année où l’Italien avait détecté le jeune prodige espagnol en F3000, à Spa Francorchamps, circuit où il avait compris, neuf ans tôt, que Schumacher serait le pilote de la décennie à venir), l’Espagnol serait respecté comme un champion du monde en arrivant à Woking. Clé de voûte des flèches d’argent, Alonso rejoignait l’écurie de son idole de jeunesse, Ayrton Senna ...
Mais l’Asturien n’aurait jamais pu rejoindre Ferrari, car Jean Todt aurait mis son veto personnel à son engagement. Fin 2001, le jeune espoir Alonso, après une année d’apprentissage chez Minardi, avait presque signé un contrat de pilote essayeur chez Ferrari pour 2002quand il rejoignit au dernier moment le clan Renault et Flavio Briatore ... Homme de parole, Jean Todt ne pardonna jamais la trahison. Alonso avait franchi le Rubicon. Aussi longtemps qu’il dirigerait le Cavallino, jamais l’Espagnol ne piloterait un bolide rouge.
Le retrait de Michelin, fin 2006, conjugué à la perte de son double champion du monde espagnol Alonso, plaçait Renault dans une situation délicate pour 2007. Comme Benetton après 1995, orpheline de Schumacher parti chez Ferrari, Renault allait vivre son chant du cygne ...

Le Losange tombant de Charybde en Scylla en 2007 avec la paire Fisichella - Kovalainen, tout était réuni pour un nouveau duel entre l’écarlate de Ferrari et le gris argenté de McLaren-Mercedes, sous le monopole de Bridgestone.

Partenaire privilégié de Bridgestone depuis 2001, Ferrari partait légèrement favori pour 2007. Chez McLaren, Ron Dennis avait titularisé, comme coéquipier d’Alonso, le jeune espoir anglais Lewis Hamilton. Champion de GP2 en 2006, le rookie Hamilton avait été préféré à Pedro de la Rosa, suppléant de Montoya en fin de saison précédente.

Tous les observateurs pronostiquaient une saison 2007 bien difficile pour le jeune Hamilton face à un pilote du calibre d’Alonso. Tenace, virtuose et complet, l’Espagnol était la nouvelle référence du plateau. Mais, comme Jacques Villeneuve en 1996 chez Williams-Renault, Lewis Hamilton allait en surprendre plus d’un ...

Le jeune Anglais arborait un casque jaune, fait inédit depuis Ayrton Senna, décédé à Imola en 1994. La couleur jaune du casque d’Hamilton était à la fois un clin d’oeil à Senna mais aussi un moyen pour son père Anthony de repérer Lewis dans le peloton.

Lewis Hamilton allait donner bien du fil à retordre à Fernando Alonso chez McLaren. Le rookie allait vite se transformer en authentique espoir. Qualifié 4e à Melbourne, Hamilton terminait 3e derrière les vedettes Raikkonen et Alonso pour son baptême du feu.

En Australie, le Finlandais étrennait victorieusement sa F2007. Comme Nigel Mansell en 1989 à Rio de Janeiro, Kimi commençait son aventure italienne par une victoire. Ce serait un mirage, le Finlandais vivant en début de saison une traversée du désert ...

En Malaisie, Alonso prouvait tout le potentiel des flèches d’argent, sur un podium complété par Hamilton pour Woking. Le triomphe de McLaren à Sepang promettait à Ferrari un championnat plus disputé que prévu, là où certains voyaient un cavalier seul de Maranello ponctué d’exploits d’Alonso ici ou là ...

A Sakhir, le réveil de Massa permit à Ferrari de se ressaisir. Hamilton enfonçait le clou par un troisième podium consécutif. Jamais pilote n’avait frappé aussi fort ...
Mais le rookie ne s’arrêtait pas en si bon chemin ... Lewis Hamilton, à nouveau dauphin de Massa à Barcelone, bouclait son quatrième Grand Prix en leader du championnat du monde.
A 22 ans,le jeune pilote métis quittait l’Espagne nanti de 30 points, devant son coéquipier Alonso (28), Massa (27) et Räikkönen (22), trahi par sa monture sur le circuit catalan.

Alonso, Massa et Raikkonen étaient donc prévenus, Hamilton était une menace réelle pour la couronne mondiale ... et dès 2007! Les derniers sceptiques furent confondus après Monaco et Montréal.
En Principauté, le rookie anglais termina deuxième dans les échappements de son coéquipier Alonso, montrant une étonnante virtuosité.

Au Canada, sortant vainqueur d’une course piégeuse, Hamilton emportait le premier succès de sa carrière après seulement six courses parmi l’élite des pilotes. Leader du championnat (48 à 40) face au gladiateur Alonso, Lewis Hamilton puisait sa force dans la combinaison de l’effet de surprise, d’une vitesse exceptionnelle, d’une confiance en lui hors normes et d’une assiduité incroyable au volant du simulateur McLaren, coeur du Paragon.

Une semaine plus tard, aux Etats-Unis, Hamilton doublait la mise avec une belle autorité. Fernando Alonso était de nouveau vaincu, Hamilton lui brûlant la politesse à Indianapolis avec une autorité de vieux briscard.

Le jeune lion prenait le pouvoir dans la jungle de la F1 ... Orpeline du Kaiser, la catégorie reine du sport automobile se trouvait une nouvelle idole. Coqueluche des médias, comparé au golfeur américain Tiger Woods, Lewis Hamilton supportait à merveille la pression d’un top team tel que McLaren.

A l’inverse, pour Kimi Räikkönen, le bilan n’était guère réjouissant chez Ferrari. Avec seulement 32 points en sept courses, le succès du Finlandais à Melbourne paraissait bien loin. Peu porté sur la mise au point, Iceman ne parvenait à faire oublier Schumacher, catalyseur du garage ... L’adaptation du pilote scandinave dans l’écurie italienne prenait beaucoup plus de temps que prévu.

Mais à Magny-Cours, Kimi inversa la tendance avec une victoire devant son coéquipier Massa. Le Finlandais, euphorique, remettait le couvert à Silverstone où Alonso reprenait enfin l’ascendant sur son jeune coéquipier Hamilton.

Le rookie quittait cependant Silverstone solide leader du classement ... Avec 70 points, devant Alonso (58), Räikkönen (52) et Massa (51), Hamilton avait réussi l’exploit incroyable de signer neuf podiums en neuf courses ...

La fontaine de jouvence de McLaren permettait à Woking de croire que la couronne reviendrait dans l’écurie anglaise ... Mais, calquant ses réglages sur son coéquipier espagnol Alonso, Hamilton commençait à agacer ce dernier ... Alonso, venu chez McLaren pour exister en tant que pilote n°1, était déconcerté par l’insolente facilité de son cadet. Et surtout, l’Asturien reprochait à Ron Dennis la gestion du cas Hamilton.

Le patron de McLaren avait toujours affiché l’égalité comme son credo de management de pilotes. Mais Prost contre Senna, Coulthard contre Häkkinen ou Montoya contre Räikkönen avaient été défavorisés dans les faits, à défaut de l’être sur le papier blanc immaculé d’un contrat.

Né en 1985, Lewis Carl Hamilton avait découvert la F1 le dimanche de Pâques 1993. En ce 11 avril, subjugué par le talent exceptionnel d’Ayrton Senna, le jeune Lewis rêvait de devenir pilote. Son père Anthony allait consentir à bien des sacrifices pour porter son fils au pinacle. En 1995, le jeune Lewis, qui faisait ses classes en karting, rencontra Ron Dennis à l’occasion d’une remise des prix. Le patron de McLaren prit le jeune garçon sous son aile. Franchissant un à un les échelons, en contrepartie du financement de sa carrière par McLaren, Hamilton se muait petit à petit en jeune espoir, en diamant brut .. Propulsé en F1 en 2007 après être sorti vainqueur d’un duel en GP2 en 2006 contre Nelsinho Piquet, Hamilton se payait le luxe de dominer un pilote de l’envergure de Fernando Alonso, double champion du monde en titre.
Fils spirituel de Woking, Hamilton attisait la jalousie de son prestigieux équipier.

Au Nürburgring, Hamilton dut abandonner, tout comme Raikkonen. Profitant de la pluie en fin de course, Alonso fondit sur sa proie, Massa, pour cueillir une victoire inespérée. Au sortir du Grand Prix d’Europe, le champion espagnol reprenait espoir (70-68).

L’ambiance explosive qui régnait chez McLaren allait basculer en catastrophe à Budapest. Le volcan McLaren rentrait en éruption le samedi des qualifications. Une querelle Alonso - Hamilton pendant les essais fut tranchée par la FIA qui priva l’Asturien de sa pole position sur le tourniquet magyar. Récupérant la position de pointe, Hamilton avait insulté Ron Dennis par radio, crime de lèse-majesté absolu étant donné le soutien que le patron de McLaren lui avait toujours porté ... L’ambition dévorante de Lewis et de son père Anthony menaçait l’écurie anglaise. La cohabitation Hamilton - Alonso était jugée aussi féroce que celle de Prost et Senna, toujours chez McLaren, en 1989.

En Hongrie, Lewis Hamilton signait sa troisième victoire devant Kimi Raikkonen, qui entamait là le début d’une série de podiums ... Quatrième, Alonso limitait les écarts au classement (80-73). Les conséquences de la lutte fratricide qui faisait rage entre les jumeaux McLaren permettaient à la Scuderia Ferrari, dominée en performance pure, de tirer les marrons du feu ...

Pendant la trêve estivale, des photos de Lewis Hamilton en compagnie de la fils de Mansour Ojjeh continuaient d’alimenter les rumeurs de favoritisme exagéré à son encontre.

La relation explosive Alonso - Hamilton et son ambiance de western-spaghettiallait bientôt devenir le cadet des soucis de Ron Dennis. Le patron de McLaren découvrait avec stupeur que son écurie était accusée d’avoir espionnée sa rivale de toujours, la Scuderia Ferrari.
Rumeur jugée infondée dans un premier temps, l’affaire d’espionnage qui allait empoisonner la fin de saison 2007 était bien exacte ... Le Stepneygate avait donc permis à la MP4/22 de concurrencer la F2007 ...

Mais comment avait-on pu en arriver là? Fin 2006, voyant son vieux complice Michael Schumacher raccrocher son casque, Ross Brawn décida de prendre une année sabbatique en 2007. Privé du soutien de son mentor, le chef mécanicien Nigel Stepney se voyait imposer la férule de Jean Todt. Quittant Ferrari, Stepney prit contact avec un ancien collègue, autre aigri du paddock, Mike Coughlan.
Ce dernier venait de démissionner de McLaren. Ingénieur ayant remplacé Adrian Newey au départ de ce dernier chez Red Bull, Coughlan avait rejoint McLaren en 2003. En 205 et 2006, Coughlan s’était vu opposer un veto irrévocable de Ron Dennis et de son adjoint Martin Whitmarsh quant à ses prétentions financières ...

En guise de vengeance, Coughlan et Stepney allaient trahir leur sport, trahir l’essence de la compétition. Nigel Stepney confiait un rapport détaillé de 780 pages sur la F2007 conçue par Rory Byrne ... Mike Coughlan commit la stupide erreur de photocopier ce rapport dans une boutique de reprographie de Woking ... L’enquête de la FIA démontra, via les ordinateurs de McLaren, que l’écurie anglaise avait bien triché.
Fernando Alonso, qui se vantait d’avoir fait gagner 6 sixièmes de seconde au bolide argenté à l’hiver 2007, était même au courant de la tricherie, tout comme le pilote essayeur Pedro De La Rosa.

L’épée de Damoclès n’allait pas tarder à tomber sur McLaren. La FIA allait se montrer incroyablement sévère avec Woking. Du haut de sa tour d’ivoire, le partial Max Mosley, ennemi notoir de Ron Dennis, prononçait la sentence via le tribunal de la FIA ... McLaren perdait tous ses points au championnat constructeurs, et se voyait condamnée à 100 millions de dollars d’amende, record en la matière!

Le coup porté par la FIA, place de la Concorde à Paris, était rude pour les quatre actionnaires de Woking ... Ron Dennis (15 %), Mansour Ojjeh (15 %), le holding bahreini Mumtalak (30 %) et Mercedes-Benz (30 %).

En Turquie, Massa avait confirmé que l’étincelle n’était pas encore éteinte chez Ferrari. Dauphin de son coéquipier brésilien, Raikkonen reprenait des points aux McLaren, Alonso devançant Hamilton victime d’une crevaison en fin de course.

En Italie, l’Espagnol gagnait sur l’autodrome de Monza devant son coéquipier anglais. Raikkonen, malgré une blessure au cou, assurait avec courage la troisième place tandis que Massa, victime d’un abandon, voyait le titre mondial devenir utopie.

En Belgique, Iceman signait une troisième victoire sur le prestigieux toboggan des Ardennes. Vainqueur à Spa Francorchamps devant Felipe Massa, Kimi Raikkonen enchaînaît un quatrième podium consécutif. Le Finlandais n’avait pas abdiqué, tandis qu’Alonso avait devancé Hamilton après un épisode houleux dans le premier tour entre les flèches d’argent dans le Raidillon de l’Eau Rouge. Lewis Hamilton conservait les commandes (97), devant Alonso (95), revenu petit à petit à l’usure sur son jeune coéquipier durant l’été et Raikkonen (84) en embuscade dans le rôle du chasseur.
L’expérience d’Alonso permettait de croire que son travail de fourmi, entamé à Silverstone, allait finir par payer pour faire plier le rookie Hamilton.

Mais le jeune coéquipier anglais d’Alonso montra de quelle étoffe il éfait fait au Japon. Sous la pluie apocalyptique du Mont-Fuji (qui remplaçait Suzuka), Hamilton remporta la victoire alors qu’Alonso, plus chevronné, partit à la faute. La McLaren du pilote d’Oviedo fracassée dans le mur, la Ferrari de Raikkonen seulement troisième derrière son compatriote finlandais Kovalainen pour Renault, la messe était presque dite à deux manches du terme ...

La couronne mondiale appartenait presque à Lewis Hamilton (107 points) devant Fernando Alonso (95) et Kimi Raikkonen (90). Pour la première fois, un débutant allait gagner le championnat du monde alors que les Grands Prix de Chine et du Brésil restaient à disputer. Les deux héritiers désignés du Kaiser, Alonso et Raikkonen, allaient mordre la poussière face à la nouvelle étoile de la F1, un pilote d’exception qui n’avait pas commis une seule faute de la saison, et avait affiché une étonnante maturité, une hallucinante résistance à la pression du haut de ses 22 ans.

L’élixir de jouvence allait cependant partir à la faute en Chine. Hamilton commit un terrible péché d’orgueil en voulant gagner le titre au panache. Parti en pole devant Kimi Raikkonen, la nouvelle idole de McLaren fut mal conseillé par Ron Dennis alors que ses pneus agonisaient ... Perdant quatre secondes au tour, Hamilton continuait, de façon incompréhensible, sur le circuit sans âme de Shanghaï ... Quand il se décida à rentrer au stand, Hamilton fut trahi par ses pneus en charpie. Les gommes Bridgestone de la McLaren n°2 furent incapables de porter la voiture quelques mètres de plus sur l’asphalte chinoise. Hamilton terminait piteusement son Grand Prix de Chine dans le gravier, par sa faute et celle de Ron Dennis.
Ce cadeau inespéré offrit une victoire qui relançait complètement Kimi Raikkonen, tandis qu’Alonso, deuxième derrière son rival nordique, se relançait aussi, revenu du diable vauvert ...

Les positions étaient donc resserrées avant le money time au Brésil, à Interlagos. Leader du classement (107), Hamilton avait une deuxième occasion de remporter les lauriers devant Alonso (103) et Raikkonen (100).
Comme en 1973 avec le triumvirat Stewart - E.Fittipaldi - Peterson, en 1981 avec Piquet - Reutemann - Jones ou en 1986 avec Prost - Mansell - Piquet, l’homme isolé sortirait vainqueur face à deux coéquipiers se déchirant dans la propre équipe. Telle Lotus en 1973 ou Williams en 1981 et 1986, McLaren allait connaître l’odeur amère de la défaite. Le Suédois Peterson avait torpillé le Brésilien Fittipaldi en 1973, idem pour Nigel Mansell, fossoyeur des chances de Nelson Piquet en 1986.
Le phénix Raikkonen allait gagner au Brésil, aidé par son coéquipier Felipe Massa. Le doublé Ferrari permettait au Finlandais de coiffer sur le poteau Alonso et Hamilton.
Troisième à Interlagos, l’Espagnol n’avait rien pu faire, surclassé en performance pure par des Ferrari au potentiel retrouvé en cette fin de saison. La flèche d’argent d’Alonso concédait presque 40 secondes aux bolides écarlates.

Quant à Hamilton, il avait gaspillé ses chances au premier tour. Une attaque kamikaze sur son coéquipier espagnol dans les S de Senna, conjuguée à un blocage intermittent de sa boîte de vitesses, condamnait Hamilton à errer en queue de peloton. Malgré une belle démonstration de panache, le rookie anglais échouait à la septième place du Grand Prix, privé du podium par le trio N.Rosberg - Kubica - Heidfeld.

Ironie du destin, Raikkonen (110 points) devançait in extremis les deux pilotes McLaren, Hamilton et Alonso (109 points ex aequo). Cruelle ironie du sort, Ron Dennis était battu par le pilote qui avait quitté McLaren en début de saison pour rejoindre l’ennemi juré, Ferrari! Le rêve de Ron Dennis de couronner le plus jeune champion du monde de l’Histoire, déjà évanoui en 2003 avec Raikkonen face à Schumacher, se transformait de nouveau en cauchemar, Hamilton perdant le titre à l’ultime course d’une saison palpitante.

Alors que les confettis s’accumulaient sur Raikkonen, douché au champagne par Felipe Massa et Jean Todt, l’exploit du pilote finlandais était remarqué ... Seuls Juan Manuel Fangio (1956) et Jody Scheckter (1979) avaient gagné le championnat du monde durant leur première saison chez Ferrari.

Mais le final exceptionnel de la saison 2007 était en suspens quand une enquête des commissaires de Sao Paulo portait sur le trio Rosberg Kubica Heidfeld ... Un éventuel déclassement de ces trois pilotes offrirait à Hamilton la quatrième place sur tapis vert.

Mais la FIA laissa le classement du Grand Prix du Brésil en l’état ... Kimi Raikkonen était donc sacré champion du monde des pilotes, comme ses compatriotes Keke Rosberg (1982) et Mika Häkkinen (1998, 1999). Paradoxal Raikkonen, espoir détecté dès 2001 mais qui avait du patienter sept ans pour accéder au panthéon des champions du monde. Paradoxal Iceman, brillantissime en 2003 et 2005 avec McLaren, avant de décrocher la timbale sous les couleurs de Ferrari.

Du côté de McLaren, battue mais aussi traînée dans la boue après l’affaire d’espionnage, la fin de saison était explosive, comme prévu ... Fernando Alonso, désireux de régler ses comptes avec Ron Dennis, quittait Woking, exaspéré par la cohabitation infernale vécue avec son jeune coéquipier.
Comme Prost fin 1989, lassé de devoir affronter Senna favorisé par Honda, Alonso choisissait l’exil. L’Espagnol laissait donc Lewis Hamilton, après une seule saison parmi l’élite des pilotes, fer de lance de McLaren-Mercedes dans l’optique du championnat du monde 2008.
Alonso retournait chez Renault, Heikki Kovalainen faisant le chemin inverse pour seconder Hamilton chez McLaren.
Etant donné le déclin amorcé du Losange en 2007 (loin derrière la troisième force du paddock, BMW), Alonso savait qu’il hypothéquait déjà ses chances de titre pour la campagne suivante. Mais il avait la paix ... C’était un secret de polichinelle, l’Asturien aspirait désormais à rejoindre Ferrari.

En 2008, McLaren et Hamilton auraient donc une revanche à prendre sur le nouveau roi de la F1, Kimi Raikkonen, l’homme qui avait réussi l’exploit, en un an,de sortir de l’ombre d’un certain Michael Schumacher, idole absolue des tifosi chez Ferrari ...
par AxelBorg
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